Création d'une mini-tourbière ◄ #toutoblog.unblog.fr ►

Tout d’abord…
qu’est-ce qu’une tourbière et
pourquoi les plantes carnivores s’y développent-elles ?

La tourbière est une zone humide où s’est progressivement accumulé de la tourbe (tassement de matière organique non décomposée, principalement végétale). Il existe de nombreux types de tourbières.
Le milieu de vie des plantes carnivores est particulièrement pauvre en substances nutritives ;  c’est valable tant pour les plantes de tourbières que pour celles vivant sur les roches, dans le sable ou encore pour les épiphytes des forêts tropicales.
Ces plantes ont du trouver une parade pour survivre dans ces milieux hostiles. Elles ont évolué au fil du temps et se sont adaptées. Ne pouvant s’alimenter par leurs racines, faute de nutriments dans le sol ou dans l’air, elles ont élaboré des systèmes de pièges leur permettant d’attirer, de capturer, de digérer et enfin d’assimiler les éléments nutritifs fournis par des proies vivantes.
C’est cette faculté à assimiler ces nutriments qui leur a valu la reconnaissance de leur carnivorie. Certaines plantes, de belle taille, sont capable de capturer et d’assimiler de petits animaux (grenouilles, souris,…)

Le choix des plantes

Cette mini-tourbière est composée de SARRACENIA, DROSERA et DIONAEA compatibles au niveau de leurs conditions de vie.
Les espèces choisies devraient pouvoir résister jusqu’à -10°C (dixit le vendeur passionné chez qui j’en ai fait l’acquisistion).
Par mesure de sécurité, je protégerai le récipient avec du voile d’hivernage dès que les températures descendront sous les 5°C et lorsqu’elles seront négatives, je le mettrai à l’abri dans un endroit un peu plus protégé, car je ne pense pas que Dionaea supporte aussi bien le gel que Sarracenia et Drosera qui, elles, devraient résister jusqu’à -15°C.
Ceci dit, en tourbière au sol elles peuvent résister mais ici, il s’agit d’une tourbière hors sol, qui plus est dans un espace assez petit ; les conditions ne sont donc pas les mêmes, ce qui constitue une difficulté supplémentaire. Il sera en effet difficile de conserver un maximum de lumière, un substrat humide mais non détrempé tout en protégeant le contenant et le contenu.
Si les plantes passent l’hiver, il ne sera pas question de les booster au printemps avec de l’engrais, la très grande majorité des plantes carnivores n’aimant pas du tout ça.

Le choix du récipient

choix du récipient de la mini-tourbière ◄ #toutoblog.unblog.fr ►

Ce choix a été influencé par la nécessité de trouver quelque chose de résistant au gel, parfaitement étanche et facile à déplacer en cas de besoin.
Exit les pots en terre cuite, certes esthétiques mais peu résistants au gel. En outre, je préfère éviter la terre cuite à cause de la concentration excessive en sels minéraux provoquée par la forte évaporation de l’eau. Cette évaporation importante oblige également à fournir de l’eau beaucoup plus souvent.
Un pot en plastique aurait parfaitement convenu, avec ou sans réserve d’eau. Cependant, la réserve d’eau est très pratique l’été, afin d’être sûr que les plantes disposent d’eau en permanence. Par contre, penser à vider la réserve avant l’hiver pour éviter tout risque de gel peut s’avérer contraignant.
Finalement, mon choix s’est porté sur une bassine en acier émaillé, peu agréable à l’oeil mais pratique de par sa résistance et sa facilité de transport (mise à l’abri si l’hiver est trop rigoureux).
La taille du récipient permettra aux plantes de s’épanouir tranquillement. La profondeur est juste suffisante pour le bon développement des racines, bien que j’aurais aimé qu’elle soit plus importante afin de mettre une plus grosse couche de drainage.

Isolation des parois

isolation des parois de la mini-tourbière ◄ #toutoblog.unblog.fr ►

Par mesure de précaution, j’ai isolé les parois intérieures avec des plaques de liège (qui sont en fait des sets de table !)
Cette isolation permettra, je l’espère, de conserver la fraîcheur l’été et limitera le gel l’hiver.

Couche de drainage

couche de drainage de la mini-tourbière ◄ #toutoblog.unblog.fr ►

J’ai opté pour une couche de drainage en billes d’argile pour ne pas alourdir le récipient.

isolation du fond de la mini-tourbière ◄ #toutoblog.unblog.fr ►
De plus, j’ai placé un voile d’hivernage en une couche assez épaisse pour créer une séparation entre les billes d’argile et la tourbe. Cela permettra d’éviter qu’en hiver, l’eau gelée qui stagne dans les billes ne soit pas en contact direct avec la tourbe.

Point d’alimentation en eau

alimentation en eau de la mini-tourbière ◄ #toutoblog.unblog.fr ►

Afin de faciliter l’arrosage, j’ai placé, au centre de la bassine, une bouteille en plastique dont j’ai retiré le fond. J’ai découpé ce fond pour le transformer en grillage et je l’ai insérer dans la bouteille, permettant ainsi de laisser passer facilement l’eau mais d’empêcher les billes d’argile de remonter en surface (eh oui, elles flottent !)

Substrat

Le substrat d’une tourbière pour plantes carnivores doit impérativement être composé de tourbe blonde de sphaigne, 100% naturelle.
La tourbe est une matière organique fossile, formée de débris végétaux, typique des sols saturés en eau.  Attention à sa composition, elle ne doit contenir aucun adjuvant sous peine de voir les plantes mourir.
On peut éventuellement l’alléger en la mélangeant à un tiers de sable neutre (attention au calcaire) ou de perlite (sable siliceux d’origine volcanique).

préparation du substrat de la mini-tourbière ◄ #toutoblog.unblog.fr ►

Plusieurs heures avant la plantation, j’ai rempli une bassine d’eau osmosée (pas d’eau de pluie sous la main) et j’y ai mélangé la tourbe afin que celle-ci soit bien gorgée d’eau. J’ai remué cette boue à plusieurs reprises avant d’effectuer la plantation.

substrat de la mini-tourbière ◄ #toutoblog.unblog.fr ►

J’ai pris soin de monter la tourbe en butte, en couches successives bien tassées, afin de laisser une rigole sur les bord du récipients ; rigole qui permettra de recueillir le trop-plein d’eau.

Plantation

positionnement des plantes de la mini-tourbière ◄ #toutoblog.unblog.fr ►

Mise en place des plantes en respectant une distance de plantation suffisamment grande pour leur permettre de se développer sans s’étouffer mutuellement.
Étant donné que ces plantes proviennent d’une bourse (que j’avais annoncée ici), je n’ai pas eu à retirer le substrat dans lequel elles étaient plantées. Si je les avais achetées en jardinerie, j’aurais retiré tout le terreau, inapproprié pour les plantes carnivores, et nettoyé les racines.

Evolution de la plantation de la mini-tourbière ◄ #toutoblog.unblog.fr ►

Pour le visuel, en attendant que les plantes se développent et remplissent l’espace, j’ai décidé de placer des racines utilisées en aquariophilie ainsi que des sedums. Ces éléments combleront le vide et retiendront la mousse en attendant qu’elle se fixe.

Décor de la mini-tourbière ◄ #toutoblog.unblog.fr ►

A défaut de sphaigne vivante (mousse acide naturelle), j’ai prélevé de la simple mousse au jardin. Celle-ci ne servira qu’à la décoration et pourra un peu aider à conserver la tourbe humide en surface. La sphaigne, elle, aurait été utile pour conserver plus efficacement la tourbe humide et fraîche, mais surtout pour limiter les risques de maladies grâce à son acidité.

Mousse de jardin sur la mini-tourbière ◄ #toutoblog.unblog.fr ►

Ces ajouts sont temporaires ; ils seront retirés ultérieurement pour laisser toute la place aux plantes carnivores.
A noter que le mois d’août est loin d’être la meilleure période de plantation. Les risques de traumatisme sont plus grands pour les plantes. L’idéal aurait été de les planter au début  du printemps pour qu’elles aient le temps de s’acclimater avant l’arrivée du froid.

Arrosage

Arrosage au centre de la mini-tourbière ◄ #toutoblog.unblog.fr ►

La tourbe étant bien gorgée d’eau, j’ai simplement versé un complément d’eau dans le dispositif au centre de la plantation (bouteille découpée) pour que l’eau se répartisse uniformément dans le fond.
Les arrosages ultérieurs se feront soit à l’eau de pluie soit à l’eau osmosée. Surtout pas d’eau du robinet, bien trop calcaire et chargée en sels minéraux.
La qualité de l’eau est extrêmement importante si on veut avoir une chance de réussir à maintenir des plantes carnivores. Une mauvaise qualité d’eau les tuera inéluctablement à moyen terme.

Emplacement

Emplacement de la mini-tourbière ◄ #toutoblog.unblog.fr ►

Cette mini-tourbière est placée devant un mur gris (pas blanc, pour éviter la réverbération du soleil qui risquerait de brûler les plantes).
Ce mur sera une protection contre le vent, tout en laissant les plantes bénéficier du soleil toute la matinée. Trop de vent aurait tendance à dessécher l’atmosphère autour des plantes, les privant de l’humidité ambiante dont elles ont besoin.

Liens intéressants :

  • dionee.org – le site de l’Association Francophone des Amateurs de Plantes Carnivores
  • infoscarnivores.com – un site intéressant pour comprendre et débuter
  • pole-tourbieres.org – Pôle Relais Tourbières, un site pour mieux comprendre les tourbières

Bien d’autres sites, blogs, pages sur les réseaux sociaux et forums sur les plantes carnivores existent…
Je laisse le soin à leurs auteurs ou à toute personne souhaitant en faire la publicité de poster le lien en commentaire à cet article ou en m’envoyant un message au moyen du formulaire de contact.

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